JETON DR TURQUETIN DENTISTE A ROUEN

8 publicações

Este tópico foi postado no fórum Francês.

Bonjour

j'aimerais des infos et une estimation de ce jeton concernant un dentiste basé à ROUEN

Métal laiton diamètre 23 mm poids 4.30 g



d'vance merci pour votre aide !!!

 ;)
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
Sur Gallica, quelques passages marrants sur ce dentiste (charlatan ?) :

"j'aperçus Filasse et la Bouillie arrêtés devant Turquetin, qui, au son de la grosse caisse et du trombone, arrachait les dents avec tant de rapidité,; qu'on les voyait voler en l'air comme s'il eût joué avec des osselets."

Y a même ce jeton dans les réponses
Lilian
j'ai aussi pensé à un charlatan car 400 000 opérations en 10 ans cela en fait plus de 100 opérations par jour !!!!

à ce rythme cela relève en effet plus de l'arrachage de dent !!!
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
un grand merci à toi pour ce lien

http://www2.biusante.parisdescartes.fr/img/?do=serie&refphot=anmhaas0576&mod=s
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
sinon j'ai trouvé cela aussi, un livre qu'il a écrit :

Titre : EXTRACTION DES DENTS ET DES RACINES LES PLUS DIFFICILES PAR A TURQUETIN DESORGERIS POSE DE DENTS ARTIFICIELLES

Auteur : adolphe honore turquetin desorgeris

Publication : 1853
Editeur : impr de h renaux   

http://www.viaouest.com/biblioB001BNVN92.html

Donc on pourrait dater ce jeton vers 1853
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
Y en a un à 30 euro sur DELCAMPE

http://www.delcampe.net/page/item/id,213739909,var,JETON-PUBLICITAIRE-NORMANDIE-Adolphe-Honore-TURQUETIN-DENTISTE-a-ROUEN-,language,E.html

EXTRAIT DE :

Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure, Rouen - 1914

Jeton du dentiste Turquetin. — Tous ceux qui ont dépassé la cinquantaine se rappellent le charlatan de nos « foires Saint-Romain ». Ils le reverront, en souvenir, sur la place Beauvoisine, monté sur sa grosse voiture, arrachant les dents avec .

et enfin de :

http://www02.us.archive.org/stream/bulletindelasoc09lorgoog/bulletindelasoc09lorgoog_djvu.txt


Turquctin et la Petite Rose



Les beaux charlatans sont morts, ceux qui, sous le second
Empire, mentaient sur les places, devant les églises, dans le
tumulte des assemblées.

La grosse caisse, le tambour, le trombone à coulisse et le
cornet à piston faisaient rage ; rorcheslre, en des sens divers,
s'agitait sur le haut de la voiture rouge, à galerie d'argent ;
plus bas, devant le siège, apparaissait le Charlatan, blanc et
noir entre les filets d'or de la capote.

En Normandie, le plus célèbre de toute Tépoque fut Tur-
quetin. Il s'était fait la tête de l'Empereur.

Il débitait son boniment d'une voix cuivrée ; puis il vendait
des flacons où tremblait une eau couleur d'améthyste, après
quoi, saisissant à pleines mains des pièces d'or et d'argent, il
les éparpillait en pluie sur des vannettes d'osier ; il revendait
des flacons, puis, d'un signe, il arrêtait la musique. Alors,
devant la foule étonnée, Turquetin s'emparait d'un cadre où
'Impératrice Eugénie apparaissait sous le manteau d'hermine ;
il entourait le cadre avec son bras gauche et posait ensuite sa
main droite, chargée de bagues, sur l'épaule de la souveraine.

Et il ne bougeait plus.

Stupéfaction. Murmures. On sentait éveillées de petites
pudeurs bonapartistes, quoique, au fond, la foule s'enchantât
<rune familiarité aussi audacieuse. Turquetin... Turquetin...
Qui donc lui a permis? Des voix répondaient : c'est l'Empe-
reur...

Tout à coup, le cadre glissait, le charlatan s'emparait d'un
davier, se penchait à gauche vers la portière éclatante, qu'il
ouvrait en criant : Montez I

Ils montaient, vieux aux chicots branlants, grands gàs aux
favoris en pattes de lapin, petites femmes rondelettes aux
quenottes blanches. L'instrument pénétrait dans les bouches,



Digitized by



Google



TURQUETIN KT LA PETITE HOSE 177

Turqueliii nianœuvrail, la dent sautait, le sang giclait.
Applaudissements, rires et grimaces. La foule suivait les péri-
péties des extractions, elle s'y passionnait ; quand une dent
résistait, le charlatan, monté sur le siège, tenait renversée
entre ses genoux la tète du patient; la manœuvre alors deve-
nait terrible et le public s^aftolait. On s'étoufFail devant la
voiture. On prenait parti. L'aura ! L aura pas I Si ! Non !
Attendez...

Crac... un grand cri... la dent se détachait, elle sortait delà
bouche avec un flot noir, Turquetin la cueillait au passage et
bientôt la foule émerveillée apercevait trois longues racines
qui saignaient au centre d'un mouchoir.

En avant la musique I

Après avoir mis de côté les dents phénoménales, Turquetin
demandait de l'eau, se lavait, remettait son haut de forme et
congédiait tout le monde. Les opérés s'en allaient rafFermir
leurs gencives dans les cafés, ils les cicatrisaient avec de
l'eau de-vie. D'autres, songeurs et mélancoliques, rentraient
chez eux en regrettant, le long des chemins, de n'avoir pas eu,
ce jour-là, mal aux dents I

Turquetin rentrait à l'auberge, où il mangeait seul. Cet
isolement volontaire augmentait son prestige. Il aimait les
tripes, qu'il mangeait debout, entre deux réchauds. Les plats
bouillants élevaient vers lui d'odorantes buées. Il ne lui
fallait que du pied, des feuillets et du gras-double. II donnait le
reste à son chien quand la sauce était figée.

Les autres forains l'enviaient et l'admiraient. En ce temps-là,
j'ai connu un homme qui eût tout donné pour être admis à la
table de Turquetin, pour avoir l'honneurde trinquer avec lui.
C'était un vieillard à la barbe ondulée ; il faisait, devant l'in-
différence de ses contemporains, manœuvrer des rats blancs
dans une cage. C'était merveilleux et sa femme lui disait :

— Tu as cent fois plus de talent que Turquetin !

— Tais-toi. Tu ne sais donc pas à qui Turquetin ressemble?
- Tu le prends sans doute pour l'Empereur?

— Est-ce qu'on peut savoir? murmurait le bonhomme.

Bien avant la guerre, je composai une chanson patriotique
au pensionnat de Regmalard. Un sous-maitre ayant écrit de la



Digitized by



Google



178 TURgUKTJN ET LA PETITE HOSE

musique sur mes paroh^s, le chef de rinstitution, M. Léonard
Louvel, décida que je chanterais ma chanson à la distribution
des prix, sous un drapeau. La veille de ce grand jour, M. Dugué
de la Fauconnerie vint au pensionnat. Je fus présenté à cet
homme charmant. Il me complimenta. Dans la même journée
vint aussi le comte Albert de Mun. Le lendemain, je chantai
sur une estrade, en plein air, devant les collines du Perche.
L'auditoire, composé de patriotes, finit par s'enflammer.
Octave Mirbeau était dans l'assistance.

Quand je rentrai le soir à Echauffour, Turquetin venait d'y
arriver. Au moment où je pénétrais dans la cuisine de l'au-
berge, le dentiste tambourinait sur une vitre avec ses ongles.
Il se retourna :

— C'est le blondin que j'ai vu haut comme ma botte?

— Oui, répondit ma grand'mère. C'est un petit poète, main-
tenant. Il a fait une chanson.

— Approchez, fit Turquetin.

Je crus qu'il voulait m'arracher une dent.

J'avais ma chanson dans les mains. Il la prit.

Tout le monde se tut. M. Turquetin lisait.

De temps à autre, il me regardait, ouvrait la bouche et la
refermait. Quand il eut fini, le célèbre charlatan se mit à
mordre sa moustache ; il la tordit. Le silence était devenu
plus profond. On s'attendait à quelque discours. Evidemment,
Turquetin cherchait quelque chose, une phrase qui traduisit
sa pensée, un compliment, une critique, je ne sais quoi. Rien
ne vint. Pour la première fois peut-être, ce grand parleur, ce
roi du boniment, avait peur des mots...

Il me rendit mon papier, sourit, me donna une chique-
naude sur la joue et s'en alla. Je ne l'ai jamais revu.

Mais depuis j'ai parlé de lui bien souvent avec la petite
Rose.

Ils s'étaient rencontrés je ne sais où, vers 1842. Rose avait
seize ans, Turquetin dix-huit. Il l'avait demandée en mariage.
Rose n'avait pas dit non. C'était une brune aux yeux noirs ;
ses cheveux d'encre luisaient comme des ailes de corbeau ;
elle avait un joli nez, carré du bout ; les lèvres fines, le menton



Digitized by



Google



TURQUETIN ET LA PETITE ROSE 179

rose et la gorge blanche. Turquelin lui dit : « Je vous aime,
attendez-moi, je reviendrai. «Il disait cela sous Louis-Philippe.
Il ne revint qu'après le coup d'Etat.

Il revint frisé, pommadé, tiré à quatre épingles, dans une
voiture à quatre chevaux. Sur la route, un dimanche d'assem-
blée, on vit s'élever une colonne de poussière, on entendit des
roulements de tambour et des notes suraiguès de petit bugle;
en quelques minutes tout se précisa, des gens reconnurent
l'homme au masque napoléonien, des clameurs retentirent et
Turquetin fit son entrée dans le bourg, au son des cloches
ébranlées pour un saint local. Un beau soleil de septembre
enveloppait la voiture qui s'arrêta devant l'auberge ; les che-
vaux écumants furent dételés.

Au loin, les flâneurs, les joueurs, les buveurs quittèrent les
loteries, les bastringues et les cabarets ; l'église se vida. Bientôt,
la place fut noire de monde. Turquetin salua la foule.

Au milieu des blouses bleues et des jupes multicolores, sous
de hauts bonnets à dentelle, la petite Rose ouvrait des yeux de
rêve.

Elle était là, cachée, tremblante, anéantie.

Pauvre petite Rose I Elle revoyait tout à coup, sans que
rien l'eût prévenue, celui qu'elle attendait depuis si longtemps I
Etait-ce bien lui? Quel homme nouveau ! Quel maintien dans
cette calèche d'or et quel regard d'aigle I

Il parla.

C'était bien sa voix, la voix qui avait dit : « Je vous aime,
attendez-moi, je reviendrai... »

Rose tendit l'oreille encore. Elle s'imagina qu'on l'appelait :
Rose I Rose ! Elle voulut s'élancer, mais elle tomba. Ce fut le
père Pignel, aux bras forts, qui la releva pour l'emporter chez
elle, presque évanouie.

Turquetin ne connut même pas l'incident. Il ne s'en fût
d'ailleurs aucunement préoccupé.

La gloire anéantit l'amour et les charlatans oublient vite les
bergères.

Paui. HAREL.
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.
Je pense avoir retrouvé ce dentiste ici et son acte de décès.

Ce qui permet de dater le jeton avant 1874.
Lilian
ça colle parfaitement car il est dit plus haut qu'il opérait sous NAPOLEON III

merci à toi !

 ;)
Celui qui pose une question risque de paraître sot pendant cinq minutes, mais celui qui n'en pose pas restera sot toute sa vie.

» Política do fórum

O fuso horário usado é UTC+2:00.
O horário atual é 05:51.